

Ces dernières années, la préservation et la protection de l’environnement en matière d’agriculture en Wallonie sont assurées par le Code Wallon de l’Agriculture. Beaucoup de mesures et de règlements ont été introduits au fil des années pour limiter considérablement l’influence de l’agriculture sur l’environnement :
Selon l’État de l’environnement wallon, l’agriculture représente environ 13 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) en Wallonie, soit bien moins que l’industrie (32 %), le transport (21 %) et le résidentiel (15 %)
L’agriculture assure dans le même temps l’approvisionnement en nourriture, vitale pour la population.
De nombreuses mesures sont prises pour favoriser la biodiversité, comme l’introduction de haies, de bandes fleuries, de mares, favorisant le développement d’une faune et microfaune locale. La protection des zones humides, la couverture minimale des sols via des intercultures, la rotation des cultures et la mise en place de bandes tampons sont des mesures obligatoires ou volontaires améliorant notre environnement. Les agriculteur·rice·s utilisent aussi de plus en plus la technologie afin de réduire leur empreinte : semoirs de précision, GPS permettant de doser l’engrais ou le produit phytosanitaire au centimètre près.
Et cela porte ses fruits : toutes ces évolutions ont permis au secteur agricole de diminuer d’environ 22 % les émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2022. Des progrès restent donc à faire, mais ces efforts se doivent d’être salués au vu de l’importance du secteur et des pressions auxquelles il est déjà soumis.
Si l’on se focalise uniquement sur la province de Luxembourg, contrairement à d’autres régions très intensives, notre province possède une surface très importante de prairies permanentes, sources de stockage massif de CO2, compensant une partie des émissions de GES liées à l’élevage.
La province de Luxembourg est aussi le fer de lance du bio en Wallonie. En effet, 28.6 % des exploitations certifiées bio en Wallonie se concentrent dans la province de Luxembourg. Et en province de Luxembourg, un quart des exploitations sont bio.
Enfin, l’utilisation des pesticides est de plus en plus réglementée et tend à diminuer d’année en année. L’agriculture en province de Luxembourg reste un utilisateur relativement minime et possède un niveau d’exposition des habitants très faible, par rapport à d’autres territoires.
Le recours à des épandages naturels de lisier et de fumier permet d’ailleurs d’apporter les compléments utiles au bon équilibre des sols. Des analyses de sols réalisées au printemps par le Centre de Michamps permettent de valoriser au mieux cet engrais naturel, plutôt que d’avoir recours à des engrais chimiques.
Le maintien de l’élevage est aussi indissociable de la préservation de nos paysages : sans l’agriculture, nos prairies deviendraient rapidement des friches laissées à l’abandon.
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En Wallonie, les exploitations agricoles sont soumises à des règles et contrôles parmi les plus stricts du monde, y compris en matière de bien-être animal.
Depuis 2018, le Code wallon du bien-être animal permet de garantir ce principe indispensable dans les élevages et de promouvoir le dialogue entre toutes les parties concernées.
Les principales dispositions en agriculture sont l’obligation d’hébergement et de soins aux animaux, un transport encadré pour limiter stress et souffrance ainsi que des normes d’abattage strictes. Tout est mis en œuvre pour limiter le stress et la souffrance des animaux.
L’Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire (AFSCA) effectue des milliers de contrôles chaque année, annoncés ou non. En cas d’infraction, de lourdes sanctions et amendes peuvent être appliquées. De quoi dissuader les mauvais comportements.
Chez nous, beaucoup de fermes sont des exploitations familiales qui privilégient les pâturages et limitent la concentration d’animaux dans des espaces clos.
De surcroît, un animal maltraité est moins productif et engendre des frais vétérinaires supplémentaires pour l’agriculteur.
Enfin, les agriculteur·rice·s doivent suivre des formations* continues et de nombreuses filières imposent également des cahiers des charges de qualité promouvant l’autocontrôle. Ces mesures contribuent à améliorer le bien-être animal, mais elles ne suffisent pas à éliminer tous les abus ni à garantir que chaque élevage respecte parfaitement les normes.
Même si de nombreux éleveurs font des efforts considérables, le bien-être animal reste un défi permanent et il est donc essentiel pour le grand public de rester informé. N’hésitez pas à vous rendre compte vous-même des réalités du terrain, lors de portes ouvertes à la ferme par exemple, lors d’une visite à la ferme pour acheter des produits, en ferme pédagogique, etc.
*Concernant le transport des animaux en Wallonie, on a besoin d’une autorisation en tant que transporteur pour effectuer tout transport supérieur à 65 kilomètres (conduite à l’abattoir, concours…). C’est le SPW Agriculture, Ressources naturelles, Environnement (ARNE), et plus spécifiquement la Direction de la Qualité et du Bien-être Animal (DQBEA), qui octroie cette autorisation. Le SPW veille au bien-être des animaux au cours du transport pour :
Pour les équidés domestiques, les espèces bovines, ovines, caprines, porcines et les volailles, il est obligatoire posséder un certificat d’aptitude professionnelle (CAP). Ce certificat est délivré à la suite d'une formation complète et de la réussite d’un examen concernant le bien-être des animaux durant le transport organisé par le CER Groupe.
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Manger local peut tout à fait être économiquement avantageux si on consomme les bons produits, c’est-à-dire des produits de saison. En Belgique, les légumes locaux de saison (choux, carottes, poireaux, pommes, poires…) sont les moins coûteux à produire.
Manger local, c’est manger responsable. Choisir de la viande et des produits laitiers locaux, c’est connaître précisément leur origine. Cette transparence rassure les consommateurs et garantit une sécurité alimentaire optimale : nous savons non seulement d’où vient le produit, mais aussi comment il a été élevé ou fabriqué.
Ce constat est donc à nuancer et s’explique notamment par le fait que les petits producteurs ne disposent pas des mêmes échelles de production que les grosses entreprises agro-industrielles.
Les éleveurs locaux privilégient des méthodes d’élevage raisonné, respectueuses du rythme naturel des animaux et limitant les traitements intensifs. Cette approche se traduit par une viande plus savoureuse et des produits laitiers authentiques, riches en goût et en valeur nutritionnelle. Elle contribue également à préserver les ressources naturelles et à réduire l’impact environnemental.
Contrairement à l’idée reçue selon laquelle la viande locale serait systématiquement plus chère, les achats à la ferme sous forme de colis de 5, 10 ou 15 kg offrent des tarifs très compétitifs. Ces formules réduisent les coûts liés aux intermédiaires et garantissent un excellent rapport qualité-prix. En achetant directement auprès des producteurs, le consommateur paie le juste prix tout en soutenant l’économie locale.
Manger local veut dire également moins d’intermédiaires, moins de transport, moins de produits transformés, tout cela se traduit par une meilleure compréhension du monde agricole et engendre des prix plus justes pour les producteurs.
Pour vous aider à manger des produits locaux abordables et de qualité supérieure, la plateforme Terroirlux.be regroupe plus de 500 producteurs situés près de chez vous, en province de Luxembourg.
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La province de Luxembourg est une terre d’élevage composée à plus de 80 % de prairies et de cultures fourragères. La première fonction de notre agriculture est de nourrir la population avec des productions saines et de qualité. La viande et le lait en font bien sûr partie intégrante.
Lorsqu’ils sont consommés de manière adaptée et dans une alimentation équilibrée, la viande et les produits laitiers apportent des nutriments essentiels, difficiles à remplacer efficacement, et jouent un rôle important dans le bon fonctionnement de l’organisme.
La clé est donc bien la qualité des produits consommés, des quantités adaptées et une alimentation variée et équilibrée.
Consommés dans le respect de la pyramide alimentaire, la viande et le lait ont tout à fait leur place dans nos régimes alimentaires.
Dans la majorité des cas, les agriculteur·rice·s réalisent leur travail de manière consciencieuse et dans le respect du voisinage.
D’un autre côté, la profession est aussi tributaire de plusieurs facteurs extérieurs : météo, maturité des cultures, l’entreprise agricole, etc. Le temps disponible pour les travaux à réaliser aux champs est souvent très limité et condensé généralement sur quelques jours.
De plus, l’épandage d’engrais organiques (lisiers, fumiers) est très strictement encadré par les réglementations wallonnes et par un calendrier à respecter. D’ailleurs réjouissons-nous d’avoir à disposition ces engrais naturels issus de l’élevage en lieu et place d’engrais chimiques.
Ces désagréments sont donc de petites gênes ponctuelles, liées à une activité vitale pour la société, plutôt que des nuisances permanentes dont les agriculteur·rice·s ne se soucieraient pas.
Au contraire, ces épisodes sont les témoins d’une agriculture contrôlée, réfléchie et menée avec rigueur.
De plus, les animaux ont des besoins réguliers qui ne s’arrêtent pas, parfois jour et nuit.
Certaines communes ont également adhéré à la « Charte de la ruralité » afin de faciliter le vivre-ensemble entre habitants et agriculteur·rice·s.
Il est important de rappeler que les agriculteur·rice·s sont les garants d’une nourriture de qualité, accessible pour tous, qu’ils maintiennent les paysages ouverts, et qu’ils participent à l’économie locale.
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Dire que les agriculteur·rice·s « se plaignent » est une lecture trop simpliste d’une réalité beaucoup plus complexe. S’ils prennent aujourd’hui davantage la parole, ce n’est pas par confort ou par habitude, mais parce qu’ils font face à des pressions inédites, tout en continuant, jour après jour, à nous nourrir.Exprimer leurs inquiétudes, ce n’est pas se plaindre : c’est résister, s’adapter et alerter.
Une pression économique: Les agriculteur·rice·s évoluent dans un système de fixation des prix largement mondialisé, sur lequel ils ont très peu de prise. Les prix agricoles fluctuent fortement en fonction de la conjoncture internationale, tandis que leurs charges (énergie, alimentation animale, matériel, normes…) augmentent. De plus, les législations environnementales ou de soutien changeant régulièrement, il leur est impossible de se projeter à moyen ou long terme. Résultat : un revenu instable, incertain, parfois insuffisant, malgré un travail essentiel et non délocalisable. Et pourtant, ils continuent à produire, à investir, à innover.
Une préoccupation environnementale de plus en plus lourde:L’agriculture dépend directement du climat. Avec le réchauffement climatique, les épisodes de sécheresse, d’inondations et de météo imprévisible se multiplient. Les agriculteur·rice·s s’adaptent pourtant en permanence : diversification, nouvelles pratiques, gestion des sols, investissements coûteux…
Un stress et une anxiété alarmants: L’accumulation de ces incertitudes — économiques, climatiques, réglementaires, humaines (manque de repreneurs) — pèse lourdement sur la santé mentale. Une étude récente de l’UCLouvain (11/2025) est sans appel :
Derrière chaque ferme, il y a des femmes et des hommes courageux, souvent isolés, qui tiennent malgré tout. En réalité, les agriculteur·rice·s ne se plaignent pas :
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L’idée selon laquelle bien manger serait nécessairement cher est largement répandue. Elle repose pourtant davantage sur une confusion entre alimentation saine et produits transformés, très marketés ou présentés comme « premium », que sur la réalité des choix alimentaires.
Bien manger ne signifie pas dépenser plus, mais faire des choix éclairés et activer les bons leviers. Acheter des produits peu transformés, privilégier des aliments bruts plutôt que préparés, limiter les emballages superflus, consommer des produits de saison, réduire le gaspillage alimentaire ou encore accepter des produits moins standardisés sont autant de pratiques qui permettent de manger sainement tout en maîtrisant son budget.
La viande et les produits laitiers restent essentiels à une alimentation saine et équilibrée, en particulier pour les enfants. Ils fournissent des protéines de qualité, indispensables à la croissance et au développement musculaire, ainsi que des nutriments essentiels.
Il est également important de rappeler que de nombreux aliments reconnus pour leurs bénéfices nutritionnels figurent parmi les plus abordables. Fruits et légumes, œufs ou légumineuses offrent un excellent rapport qualité nutritionnelle–prix et constituent la base d’une alimentation équilibrée.
Privilégier le produit brut plutôt que le produit transformé reste l’un des réflexes les plus efficaces. Les produits transformés sont souvent moins savoureux, moins intéressants sur le plan nutritionnel et intègrent dans leur prix le coût de la transformation et du conditionnement. Comparer les prix au kilo permet par ailleurs de mieux appréhender les différences réelles entre produits et d’orienter ses choix de manière rationnelle
Dans les cantines scolaires, la Province de Luxembourg, via la Cellule alimentation durable, accompagne d’ailleurs les équipes afin de concevoir et de développer des menus à la fois équilibrés, savoureux et accessibles. L’intégration de viandes et de produits laitiers locaux, combinés à des légumes, des fruits et des féculents, favorise de bonnes habitudes alimentaires, soutient l’économie locale et valorise les productions de qualité du territoire.
locale et valorise les productions de qualité du territoire. Pour faciliter l’accès à une alimentation locale et de qualité, la plateforme Terroirlux.be rassemble plus de 500 producteurs et 100 points de vente situés en province de Luxembourg. Elle constitue un outil concret pour consommer mieux, soutenir l’agriculture locale et renforcer le lien entre producteurs et consommateurs.
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Le métier d’agriculteur·rice·s est souvent décrit comme difficile : faible rentabilité, conditions de travail difficiles, incertitudes climatiques, mondialisation, etc.
Pourtant, l’agriculture a encore un bel avenir devant elle, notamment en Luxembourg belge où la Province tente de faire bouger les lignes. Citons les intentions d’actions à différents niveaux de pouvoir :
La profession d’agriculteur·rice·s offre aujourd’hui, et offrira encore davantage demain, l’opportunité de s’engager dans un métier porteur de sens, de valeurs et de fierté. Indispensable pour nourrir la population, l’agriculture est aussi au cœur de notre souveraineté alimentaire en réduisant notre dépendance aux importations et en garantissant une production locale, de qualité et durable. Être agriculteur, c’est produire tout en respectant l’environnement et en contribuant activement au maintien de la biodiversité. C’est également préserver des traditions familiales profondément ancrées dans le respect de la terre et jouer un rôle clé dans la transmission de ces valeurs aux générations futures.
Le métier permet aussi de sensibiliser les consommateurs à la qualité et à l’origine des produits et de garantir l’entretien des paysages qui font la richesse d’une province verte et touristique. À travers les circuits courts et la vente directe, les agriculteur·rice·s peuvent renforcer le lien avec les citoyens et valoriser pleinement leur production. Enfin, tourné vers l’avenir, le métier d’agriculteur s’appuie de plus en plus sur les nouvelles technologies, devenues de précieuses alliées pour améliorer les rendements, alléger les contraintes, optimiser les pratiques et accompagner la transition vers une agriculture toujours plus durable et innovante.
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Les idées préconçues ont souvent la vie dure, mais le métier d’agriculteur·rice·s tend à s’ouvrir largement aux femmes ces dernières années. En Wallonie, les femmes représentent plus ou moins 29 % de la main-d’œuvre agricole régulière et plus ou moins 16 % des chefs d’exploitation, ce qui montre que ce n’est pas un monde exclusivement masculin. Parmi les jeunes agriculteur·rice·s, environ 19 % sont des femmes. Un pourcentage qui augmente graduellement au fil des années.
Les femmes jouent aussi très souvent un rôle plus discret mais au combien important aux côtés de leurs conjoints à la ferme:
Enfin, le développement des nouvelles technologies réduit l’importance de la force physique et permet également aux femmes de s’imposer aussi dans le métier.
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C’est un raccourci facile et une vision bien trop caricaturale de la réalité de penser que les routes sont toujours salies par les agriculteur·rice·s. C’est vrai, pendant certains travaux agricoles (récolte, labour, semis, moissons, etc.) et par temps humide, les tracteurs et machines utilisées par les agriculteur·rice·s peuvent faire tomber des résidus de sol, de culture et de la saleté sur les chaussées.
Mais il est important de préciser que ces gênes sont occasionnées, dans la grande majorité des cas, durant une période très limitée de l’année (pour la récolte du maïs, des betteraves ou l’épandage, notamment).
Conscient des enjeux de sécurité et de confort pour les usagers, l’agriculteur·rice s’efforce de limiter l’impact de son passage sur la propreté de la route et d’en assurer le nettoyage dans les meilleurs délais
Les agriculteur·rice·s ont à cœur de veiller eux-mêmes à l’image de marque d’une agriculture de qualité, en province de Luxembourg.
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